Mars – ARRI Rhône Alpes

La saison des beaux jours revient, et avec elle l’envie de déjeuner à l’extérieur. Les Food-trucks sont devenus justement une alternative originale pour déjeuner sur le pouce, en extérieur. Le développement de ces camions pas comme les autres nous a intrigué et c’est ainsi que nous sommes allées à la rencontre de Christophe Lagnier, « food trucker » de la première heure, patron du camion L’H et Vous , et à l’initiative de la création de l’ARRI Rhône Alpes avec Christophe Bise du camion La Chill Zone, association de promotion de la cuisine itinérante. Cette interview a donc pour but de vous en dire un peu plus sur l’association et sur le mouvement des Food Trucks que l’on voit de plus dans notre ville.

 

Peux-tu décrire l’asso en quelques mots ?

L’Association des Restaurateurs de Rue Indépendants (ARRI) Rhône Alpes est née de la volonté de deux food trucks annéciens : La Chill Zone et l’H et Vous. Elle représente la branche Rhône-alpine de l’ARRI Ile de France, créée quelques mois plus tôt. Elle a pour vocation de fédérer les acteurs de la street food en Rhône Alpes.  L’association compte aujourd’hui une dizaine de food trucks répartis sur le département de la Haute-Savoie (principalement sur Annecy), une nouvelle antenne qui ouvre à Grenoble, et elle sera bientôt présente à Lyon.

Quel est le but de ce projet?

Le but est de fédérer, soutenir et encadrer les professionnels du secteur de la cuisine de rue et de la cuisine mobile. De façon plus large, elle a pour but de promouvoir la street food et de contribuer à son essor dans l’espace urbain. Plus concrètement, cela débute par resserrer les liens entre les food truckers afin de favoriser l’entraide, le partage et l’échange d’expérience. Mais aussi en accompagnant les jeunes entrepreneurs du secteur afin de faire grandir la street food de qualité. Nous travaillons aussi pour créer un maximum de partenariats avec des fournisseurs, des clients, des institutions… afin que chacun de nos membres profite des ces avantages. Initier également le dialogue avec les pouvoirs publics afin de présenter notre métier, de faire accepter les food trucks en ville, et de les aider à créer des emplacements cohérents avec nos besoins. Nous sommes aussi organisateurs d’événements afin de faire rayonner la cuisine de rue dans l’espace urbain et l’ancrer durablement comme une innovation sociale et culturelle pour le grand public.

Comment fonctionne l’asso ? Quelles en sont les compétences ?

Nous avons mis en place une charte de qualité pour intégrer l’association car notre objectif est de pousser la street food vers le meilleur d’elle même : concepts qualitatifs, créatifs et originaux. Cuisine de qualité faite maison et minute, produits frais, circuits courts, respect des réglementations et des normes sanitaires (audit de qualité, contrôle par un laboratoire sanitaire), aspect général du véhicule, accueil… sont autant d’aspects qui seront scrutés. Chaque acteur qui intègre l’ARRI profite et contribue au réseau des associations pour porter plus fort la voie de notre secteur d’activité.

Comment les communes réagissent-elles face au développement des food trucks? Plutôt pour ou plutôt contre?

L’accueil est variable, certaines y voient l’occasion de dynamiser des quartiers en ajoutant une offre de restauration originale, vectrice de lien social, d’autres y voient plutôt un trouble susceptible de créer des tensions entre restaurateurs. Le food truck a souvent eu mauvaise réputation, souvent pris en comparaison aux camions ambulants, qui n’ont pas toujours fait la part belle à la qualité des mets, au look et à la propreté du camion mais qui aujourd’hui ont bien compris l’intérêt de s’attribuer le nom de food truck. Avec l’apparition de plus en plus de food trucks et d’associations comme la nôtre, les communes ne peuvent plus détourner le regard et commencent à ouvrir leurs rues à cette cuisine nomade. Pour preuve, après une année de délibération, des emplacements s’ouvrent sur Annecy et les annéciens pourront dès le mois d’avril enfin goûter aux joies de la street food.

 Décris-nous la vie d’un « food trucker »?

La vie d’un food trucker n’est sûrement pas si idyllique qu’on l’imagine ! Il y a beaucoup de difficultés, d’où l’intérêt du rapprochement associatif. En plus du rythme de vie de ces métiers de bouche (volume horaire important, travail le week-end…), on devient entrepreneur, la cuisine seule ne compte pas, à vrai dire cela représente un tiers seulement du volume de travail. Les autres tiers sont composés de l’administratif, du commercial, des achats, de l’entretien du véhicule, du déplacement, des problèmes journaliers… et j’en passe. Ça n’a pas l’air si joyeux hein ? Pourtant c’est un véritable bonheur et surtout de très belles rencontres !

Quels sont les projets à venir?

Fédérer encore plus d’acteurs de la street food en Rhône Alpes ! A Grenoble comme à Lyon, nous allons ouvrir des antennes pour représenter encore plus la street food, avec de nouvelles inscriptions et de nouvelles actions communes. Nous espérons de nouvelles rencontres et de nouveaux partenariats, comme la FAGHIT (syndicat des Cafés/Hôtels/Restaurants) par exemple. Le recrutement est aussi un axe important, car beaucoup de food trucks sont en recherche de collaborateurs. Je lance donc un appel à candidature, si vous êtes intéréssé pour travailler dans un camion, envoyez nous vos CVs, l’association transmettra aux food truckers.  Mais le plus gros projet est l’organisation chez nous, autour du lac d’Annecy, d’un street food festival en été. L’occasion pour les acteurs de la street food annécienne et les grands chefs du bord du lac de fêter la gastronomie mobile. Plus d’infos dans les mois à venir…

 Comment vois-tu l’avenir des Food trucks en général et dans notre ville ?

La tendance semble s’être installée durablement en France, plus qu’une mode, le grand public prend l’habitude d’y consommer. L’avenir tient sur deux choses, la volonté des pouvoirs publics à proposer des emplacements dédiés – ils ont tout intérêt à contrôler et réguler, plutôt que laisser les food trucks envahir des lieux privés, sur lesquels les communes n’ont rien à dire – et la volonté des food truckers à proposer de nouveaux concepts de qualité. La multiplication des food trucks un peu partout, et donc de la concurrence, va permettre l’écrémage sur la qualité au bénéfice des consommateurs. Cela a déjà commencé, et on voit un peu partout des food trucks fermer. Dans l’agglomération d’Annecy, il y a déjà une quinzaine de food trucks présents, avec peut être un manque de diversité, les nouveaux acteurs qui veulent se faire une place devront innover au delà des burgers. Avec le Grand Annecy les réglementations et l’ouverture au food truck décidés à Annecy devront pouvoir profiter à toute les communes, et de nouveaux emplacements devront voir le jour un peu partout. En bref, à Annecy, ce n’est que le début !

 Tes bonnes adresses sur Annecy :

On va encore parler de bouffe ! Le Frenchy, les meilleurs burgers d’Annecy, sorry The Roster ;). The Little Italy pour ses pizzas dignes de ce nom, Sur les pas de la petite botte pour son salon de thé cosy et ses bonnes pâtisseries. En dehors d’Annecy, petit coup de projecteur sur la seule cantine mexicaine du coin, Adelita à Sevrier, et Fleur d’Asie à Epagny, pour sa cuisine asiatique raffinée!

 Le mot de la fin te revient :

La nourriture est une chose qui nous parle à tous et qui nous réunit, elle marque le passage du temps de ses odeurs et de ses saveurs… Qui n’a pas le souvenir des petits plats de sa mère, de tablées folles entre amis, de soirée en tête à tête avec sa chérie… J’espère que notre street food prendra sa place dans ces souvenirs.

Site Internet
Contact : arri.rhonealpes@gmail.com ou 07 82 37 83 43

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