Mars / Avril – Manarola

Manarola c’est une jolie marque de bijoux conceptualisée en France, en Haute Savoie. Derrière cette marque se cache EMMA une créatrice/ designeuse inspirée et inspirante.  Une femme entrepreneuse qui s’investit à 300% dans son projet.

Nous sommes tombées raide dingue de son nouveau concept, et des nouveaux bijoux qu’elle imagine chaque mois.

Comment s’articule tes journées ? Quel est le « planning »  de ta journée type ?

Aucune journée ne se ressemble et c’est cela qui me plait. Je vais avoir bien entendu des tâches que je dois faire quotidiennement. L’envoie de colis, répondre à des demandes par mail, m’occuper du compte emmabymanarola sur les réseaux sociaux. En ce qui concerne l’organisation globale de ma journée, je commence par un peu de route car j’habite à la frontière Suisse et mon atelier se situe à Annecy le vieux. Puis je dépose ma fille à l’école pour 8H30. J’arrive en géréral à mon atelier vers 9H15.
J’ouvre tout d’abord mon ordinateur pour vérifier les mails importants et les commandes. Ensuite, soit je vais travailler à la création d’un futur bijou et dans ce cas je serai en phase d’inspiration, de recherche ou de design. Soit je travaille sur le contenu du site : texte, description des produits, photo et vidéo des bijoux non portés. Ou pour finir  je m’occupe des réseaux sociaux, de l’organisation du futur shooting, de filmer une vidéo pour ma chaîne Youtube et de la monter…Pour l’instant je gère tout dans mon entreprise, les deux que je ne fais plus sont la fabrication des bijoux (j’ai décidé de déléguer entièrement la fabrication des bijoux depuis le mois de septembre) et les photos des bijoux portés par une mannequin, pour cette étape je fais appel à un photographe, mannequin et maquilleuse.
Les seuls RDV extérieurs que je peux avoir sont les rendez-vous avec mon fabricant pour la mise au point des futurs bijoux et les shooting. Les midis, je mange le plus souvent à mon bureau devant mon ordinateur et ne fais pas de pause car la journée passe vite, je vais chercher ma fille à l’école à 17H,  j’essaie donc d’être productive.

Raconte nous comment es-tu venue à créer la marque Manarola? Et comme as t-elle évolué ?

J’ai fait des études de stylisme et avait déjà lancé une marque de vêtement après la fin de mes études. J’ai fait cela pendant 4 ans, mais je pense qu’à l’époque j’étais trop jeune. J’ai beaucoup appris de cette expérience et j’ai découvert beaucoup sur moi, ma façon de travailler, ce que j’aimais ou pas. J’ai toujours apprécié être à mon compte et la liberté que cela procure. Je suis contente d’avoir eu cette première expérience d’entrepreneuriat avant de monter Manarola car je pense que cela m’a permis de savoir ce que je voulais et surtout de ne pas avoir peur de l’échec ou de rater étant donné que j’avais déjà eu l’expérience de la fermeture d’une entreprise.
J’ai donc créé Manarola lorsque j’étais enceinte de ma fille il y a 6 ans après une courte période de salariat qui ne m’avait pas convenu. J’ai toujours aimé bidouiller , fabriquer des bijoux. J’avais, avant cela, déjà créé quelques pièces avec des chutes de tissus, des matières que je récupérais et que je transformais. J’avais grâce à ce premier contact avec le monde du bijou vendu quelques pièces dans des boutiques et ainsi pu avoir des retours clients qui m’ont conforté dans cette envie d’aller vers le bijou.
Mais ce que je souhaitais le plus c’était créer des bijoux en plaqué or, les dessiner et les faire fabriquer. J’ai passé plus d’un an avec ma fille à la maison à construire Manarola, à chercher les fournisseurs, tester les produits. Je commençais à vendre quelques pièces à mes amies, à ma famille, avec le bouche à oreille. Puis j’ai trouvé cette entreprise à deux pas de chez moi, qui proposais exactement ce que je souhaitais travailler pour mes bijoux, de la découpe laser et du placage or. A ce moment là j’étais tellement contente d’avoir trouvé cette entreprise!! J’ai donc commencé à travailler avec eux pour certaines pièces mais j’ai continuer à fabriquer encore beaucoup de pièce moi-même. J’achetais les apprêts, les pierres, les chaînes et fabriquais 80% de la totalité d’une collection. J’ai fini par ne plus me retrouver dans cette façon de fonctionner, j’ai d’ailleurs fait une vidéo l’année dernière sur ma chaîne dans laquelle je parle de cela.
Depuis le mois de septembre j’ai donc radicalement changé ma façon de travailler, de vendre, de communiquer et cela me convient beaucoup mieux. Lorsque tu as ton entreprise il faut sans arrêt se renouveler et se remettre en question, c’est ce que j’essaie de trouver  :  un équilibre entre mes envies et ce que je suis.

Peux-tu nous expliquer le concept du « slow design jewels » ?

Depuis Septembre j’ai décidé de repenser totalement ma façon de travailler ma marque, de produire, de vendre et de communiquer. Cela s’est fait pas une remise à plat totale, des mois ou j’ai mis la marque en pause pour réfléchir à ce nouveau Manarola car j’en étais arrivée à un point ou mon ancienne façon de travailler ne me faisait plus plaisir, je ne m’y retrouvais pas. Soit j’arrêtais, soit je recommençais à (presque) 0.
Par le concept du « Slow Design Jewels », j’ai donc souhaité travailler de façon plus intuitive et à ma façon. Avant je sortais une ou deux énormes collection de bijoux par an. Je mettais beaucoup d’énergie à créer plein de pièces, certaines basiques, d’autres plus travaillées. Cela me prenais plusieurs semaines, des semaines dans lesquelles je ne faisais que ça. Puis le reste de l’année je démarchais (moi même ou des agents commerciaux) des points de vente, pour vendre quelques pièces seulement (puisque les boutiques choisissent ce qui leur plaît dans une collection). puis je passais beaucoup de temps à fabriquer, re-fabriquer les mêmes pièces… Je ne me sentais plus stimulée. Je suis vraiment une créative dans l’âme.
Aujourd’hui le fait d’avoir, d’une certaine façon, ralenti le rythme, en faisant le choix de ne plus travailler avec les points de vente et donc de ne plus être dans l’obligation de créer une énorme collection deux fois par an je me sens plus libre. Je crée du coup seulement UN modèle de bijou par mois. Ainsi j’ai retrouvé ce qu’il me manquait lorsque je ne me sentais plus stimulée, puisque je me suis obligée à imaginer un modèle par mois. Je prends le temps de m’inspirer, de regarder autours de moi, de discuter avec mon fabricant qui me conseille aussi sur des aspects techniques et ainsi je créé une pièce plus aboutie, qui me ressemble à 100%.
C’est cela pour moi le Slow Design Jewels : des bijoux que j’ai pris le temps de penser et de créer.

Où trouves-tu l’inspiration pour te renouveler chaque mois ?

L’inspiration me vient d’un peu partout. Lorsque je réfléchi au design d’un bijou, mon point de départ est toujours le même : dans quel état d’esprit je serai, de quoi j’aurais envie à ce moment là, ce mois-ci. Le bijou de Décembre, le collier Soraya, par exemple a été très inspiré par  Noël et ce genre de moments. Puis une fois la thématique globale posée, je vais réfléchir à d’autres inspirations plus fines, plus subtiles, personnelles que je mixe aux premières. Puis je mélange le tout et cela va ensuite se retranscrire dans le type de bijou et comment je vais le traiter, quels détails je vais dessiner… Pour le bijou de Mars par exemple j’avais revu le clip des Fugees et de leur chanson Fu-Gee-La et l’image de Lauryn Hill m’a énormément inspirée.

De là j’ai réfléchi à ce que cela évoquait pour moi : New York, des typographies, Jean Michel Basquiat, des visuels très 90’s, les taxis jaunes… et le tout mixé cela a donné les créoles Lauryna. Une cliente m’a dit une fois qu’elle avait peur pour moi qu’un jour je ne trouve plus d’inspiration pour créer une fois par mois une histoire. Je ne dis pas ce n’est pas possible qu’un jour je me retrouve devant une page blanche à ne pas trop savoir où aller, mais pour l’instant toutes les inspirations sortent de moi, de ma personnalité et comme nous sommes tous en perpétuelle découverte du monde et évolution sur nous-même, je pense que j’aurais toujours quelque chose à aller chercher quelque part. J’ai en moi deux côtés, la douceur et le côté plus affirmé, ce qui se retranscrit du coup dans mes inspirations.

Tu travailles avec un atelier de Haute Savoie ou tu collabores avec d’autres marques comme Carrousel Clothing. As-tu d’autres projets en préparation avec des acteurs locaux ?

Effectivement je collabore donc avec cet atelier entre Annecy et Genève pour la fabrication de mes bijoux. Et j’ai collaboré sur deux collections avec Carrousel Clothing. En décembre dernier j’ai collaboré avec quatre créatrices annéciennes, Carrousel, Louve, Hjem et Save the Date pour un concours que j’ai lancé sur mon compte instagram, chacune a gentiment offert un produit pour cette occasion. J’adore découvrir le travail de créatrices et femmes de la région et le mettre en lumière ou le partager sur mon compte instagram ou dans ma newsletter « La lettre d’Emma ». Pour l’instant pas de nouveaux projet de ce type en préparation.

Quels sont tes bons plans sur Annecy? Bonnes adresses ?

Malheureusement j’ai de moins en moins de temps pour profiter d’Annecy, mais lorsque j’y vais je déjeune toujours au mêmes endroits.
Les palettes, coup de coeur spécial pour ce concept store, Aurore a été la première a me donné ma chance lorsque j’ai créé Manarola et a acheté mes bijoux pour les distribuer dans sa boutique. Elle déniche sans arrêt de nouvelles marques, elle a été une des premières à installer un espace vide dressing dans sa boutique et à créer un lieu de vie dans lequel tu peux manger des repas délicieux préparé par Emilie et faire du shopping. En plus Aurore organise de chouettes évènements au sein de son concept store. Pour moi c’est une vraie mumpreneure/girl boss qui a du flaire.
Pour manger sinon j’ai découvert il y a peu chez Haven et j’aime beaucoup. Sinon une amie m’a fait découvrir le Craic, le restaurant du Novotel, vers la gare. Le lieu est très sympa, cosy et très pratique pour y aller en famille à n’importe quelle heure de la journée.
MANAROLA - Création et fabrication made in France.
www.bymanarola.com

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