Octobre – Marion Haerty

En Octobre, c’est une Championne du monde que nous sommes allées interviewer, oui rien que ça! Marion, c’est une petite pépite d’énergie, de bonne humeur et de joie de vivre de tout juste 25 ans, qui a remporté cet hiver la première place du Freeride World Tour, une compétition internationale de haut-niveau où les meilleurs snowboarders et snowboardeuses freeride mondiaux s’affrontent. Une pratique risquée, exigeante, en contact direct avec les éléments de la nature où la moindre faute ne pardonne pas. Marion nous raconte ici avec beaucoup d’humilité sa victoire, ses espoirs et ses projets pour l’avenir.

 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis actuellement étudiante en master 2 à Mbway school sur Annecy. J’ai entamé mon premier quart de siècle cette année avec une passion du snowboard qui ne me quitte plus depuis l’âge de 10 ans. J’ai eu l’occasion de voyager autour de la planète grâce aux compétitions notamment avec le Freeride World Tour , un circuit de compétition avec 5 étapes où un classement général est effectué à la fin de la saison.

Comment as-tu vécu ta victoire sur le Freeride World Tour cette année ?

Un mélange d’émotions entre joie, fierté et nostalgie après des années de compétitions. Remporter un titre de championne du monde veut dire tellement. Il a fallu mettre beaucoup de choses en place accompagnées de doutes, de peurs, de remise en question perpétuelle et finalement, aujourd’hui je me rends compte que c’est le chemin emprunté qui est le plus intéressant, plutôt que le titre en lui-même.

C’est plus une revanche sur la vie, sur mes blessures qu’elles soient physiques ou émotionnelles avec pour finalité, me prouver à moi même ce que je suis capable de réussir et de gagner, malgré les murs qui se dressent devant moi.

A quoi ressemble le quotidien d’une Championne du Monde ?

J’essaye de vivre au rythme de mon corps, l’écouter et savoir quand il a besoin de sommeil, repos, nourriture… mais aussi de ma tête. Le bien être mental est le plus important avant tout. Si tu n’es pas présente mentalement, c’est là où la blessure t’attend au tournant. Le manque d’attention quand on est face à dame montagne est proscrit. J’essaye de me préparer physiquement mais aussi d’utiliser le pouvoir du moment présent. Mes journées sont alors rythmées entre prendre le temps d’ouvrir les yeux le matin, faire une session de yoga, prendre un bon petit déjeuner, puis direction la salle de sport. A midi je prends un repas avec des légumes locaux, puis je m’accorde une petite heure de repos où j’en profite pour répondre à mes emails et ensuite j’enfourche mon vélo de route. Selon les jours j’alterne avec des parcours cardio, du gainage, des exercices de déséquilibre, de l’escalade… et parfois du parapente quand je peux.

Selon toi, quels ont été les facteurs déterminants pour atteindre ce succès dans ton histoire, ton mode de vie, ta personnalité ?

J’ai eu la chance d’être entourée par les bonnes personnes aux bons moments. Derrière ce titre se cache beaucoup de monde que ce soit ma famille, mes amis et mon équipe. Elles m’entourent constamment, entre mon préparateur physique, mon agent, mon hypnotiseur, mes mentors… cela risque de frôler le stéréotype mais savoir écouter mon cœur et mon instinct m’a vraiment poussé à atteindre ce dernier objectif.

L’autre chose que j’ai constaté ces derniers temps pour réussir à toucher ses rêves est de savoir aussi oublier le regard des autres dans une société dirigée par le perfectionnisme où chacun est constamment jugé. Il ne faut surtout pas avoir peur d’être soi même, chaque personne est unique avec des ressentis propres et des histoires différentes.

Tu dois être aujourd’hui très sollicitée par les sponsors et la presse, comment gères-tu cette nouvelle notoriété ?

Ça fait drôle de voir la nouvelle dimension que prend ma carrière avec un titre, à vrai dire je ne m’attendais pas à être autant sollicitée mais ça fait chaud au cœur de voir que les sponsors et les médias s’intéressent à notre sport.

J’essaye de répondre au maximum aux demandes de chacun, tout en restant concentrée sur mes objectifs sportifs de cet hiver et valider mon Master. Cela nécessite un peu d’organisation mais aussi le soutien de mes proches sans lesquels je ne pourrais pas avancer.

Quels sont tes projets pour l’hiver qui arrive ?

Des projets, j’en ai plein la tête faut il encore trouver le temps de tous les réaliser.

Mais dans un premier temps ça sera de m’amuser! Je vais partir en immersion totale au Canada trois semaines en décembre, rejoindre une amie et ne faire rien d’autre que du snowboard. Je risque bien de couper le téléphone à ce moment là et n’envoyer que des cartes postales.

Ensuite, tout va très vite s’enchaîner avec un shooting au Japon prévu par la marque Rossignol en Janvier puis la première compétition du Freeride World Tour à Hakuba. Quelques sorties « poudreuse » sont également prévues entre La Grave et Chamonix.

Comment imagines-tu ton avenir ?

Je me vois bien d’ici 10 ans avec un petit chalet au milieu de la montagne avec beaucoup de monde dedans. Mon potager, une rivière pas loin, plein de planches au garage, heureuse d’avoir réalisé mes rêves les plus fous, toujours à faire du snowboard tout en continuant à découvrir notre planète avec émerveillement.

Peux-tu nous dire quelles sont tes bonnes adresses sur Annecy ?

La friperie des Fripettes, dès que j’ai besoin de refaire ma garde robe, les filles ont toujours bon gout pour retenir les plus belles pièces, le Roster quand je craque pour un bon burger avec des produits locaux, Bazar sans frontière quand il s’agit de trouver des pépites pour des objets en tout genre.

 

Crédit photo : Dan Warbs

 

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